Blagues sur les informaticiens et programmateurs
La programmation en C++ chez les
industriels, c'est comme le sexe chez les adolescents :
* Tout le monde y pense
* Tout le monde en parle
* Tout le monde croit que le voisin le fait
* Presque personne le fait
* Ceux qui le font le font mal
* Pensent que la prochaine fois ce sera mieux
* Ne prennent pas de précautions.
* N'osent pas avouer leurs lacunes de peur de paraître niais.
* Sont fort bruyants quand ils y arrivent.
Les dix commandement du programmeur: ou Comment Programmer sans stress.
1: Des Bugs tu ne t'inquièteras pas.
Les bugs dans votre logiciel sont actuellement des fonctionnalités
particulières.
2: Corriger le problème tu ne feras pas.
Vos utilisateurs auront plus de chance de gagner au loto que de tomber encore
sur ce bug
3: Le traitement des erreurs tu ne géreras pas.
La gestion des erreurs ne signifie quelque chose que pour les gens enclins aux
erreurs. Ni vous-même ni vos utilisateurs ne sont enclins à faire des erreurs.
4: Des restrictions, tu n'imposeras pas.
Laisser l'utilisateur entrer n'importe quoi comme donnée, n'importe où,
n'importe quand. C'est ce que l'on appelle être TRÈS convivial.
5: Tu n'optimiseras pas.
Les utilisateurs seront reconnaissant d'obtenir une information quel qu'elle
soit. Ils ne s'inquiètent ni de la vitesse, ni de l'efficacité.
6: Tu n'aideras pas.
Si un utilisateur n'est pas capable d'utiliser seul votre programme, ils est
trop abruti pour mériter votre programme de toutes façons.
7: Tu ne documenteras pas.
La documentation ne sert qu'a annoncer de futures modifications. Comme votre
programme est parfait des la première version, il n'aura jamais besoin d'être
modifié.
8: Tu ne te presseras pas.
Seuls les patrons ou les très mignonnes utilisatrices ont besoin d'un programme
dans les temps.
9: Tu ne réviseras pas
Votre intreprétation des spécifications est toujours correcte. Vous connaissez
les besoins des utilisateurs mieux qu'eux.
10: Tu ne partegeras pas.
Si des programmeurs ont besoin d'une partie de votre code, ils n'auront qu'à
l'écrire eux-mêmes.
Philippe était un programmeur COBOL dans les années 80. Lorsque les années 90
arrivèrent (après que les unixiens, les développeurs de Website et les
spécialistes du Client/Serveur se soient moqués de lui en l'appelant dinosaure
pendant des années), et il eu enfin quelque respect de la part de ses pairs. Il
devint un consultant indépendant sur le passage à l'an 2000. Il travaillait sur
des missions d'audit et de conversion du système d'information, voyageant par
monts et par vaux. Il travaillait 70, 80 et même 90 heures par semaine, mais il
faisait avec.
Cependant, après quelques années sans repos, ce travail débilitant fit
disjoncter Philippe. Il eut des problèmes de sommeil et commença a avoir des
cauchemars à propos de l'an 2000. Il avait atteint un point de non-retour où la
moindre discussion entre collègues sur l'an 2000 pouvait le rendre violent. Il
devait sûrement souffrir d'une sorte de dépression nerveuse, car il commençait à
envisager d'éviter l'an 2000, et toutes les conséquences qui allaient avec.
Vers la fin de l'année 1997, Philippe décida de contacter une entreprise
californienne spécialisée dans la cryogénie. Il signa un contrat pour être
congelé jusqu'à l'an 2001, avec leur tout nouveau processus automatique de
réveil (très très cher). Il était terrifié. La seule chose qu'il avait en tête
était qu'il allait se réveiller en 2001, juste après le nouvel an et la débâcle
des ordinateurs, juste après l'année du saut, et les plâtres auront été essuyés.
Rien d'autre en tête que d'espérer en sortir vivant.
Il fut mit dans un réceptacle cryogénique, les techniciens ajustèrent le jour et
l'heure de réveil, lui injectèrent quelque produit pour ralentir son rythme
cardiaque et respiratoire vers le minimum vital, et ce fut tout.
La première image que Philippe vit en se réveillant fut une pièce énorme et très
très moderne, remplie d'une foule en liesse. Ils criaient tous
"Incroyable" et "Il est vivant !". Il y avait des caméras (il n'en avait jamais
vu de telles auparavant) et des appareils sortis tout droits des films de
science fiction.
Quelqu'un qui semblait être un porte-parole s'avança. Philippe débordait
d'enthousiasme : "Ça y est ?" demanda-t-il. "Sommes-nous en 2001 ? En est-ce
fini de ces histoires de millénaire et de situation de crise ?" Le porte-parole
expliqua qu'il y avait eu un problème avec la programmation de la date de réveil
de son réceptacle, Le programme n'avait pas pu passer l'an 2000. 8000 années
s'étaient écoulées maintenant. Le porte-parole dit à Philippe de ne pas
déprimer, car quelqu'un de très important voulait lui parler.
D'un seul coup, un mur entier devint un écran sur lequel on vit apparaître
l'image d'une personne ayant une ressemblance frappante avec Bill Gates. Cet
homme était Premier ministre de la terre. Il dit à Philippe de ne pas être
bouleversé, que la paix régnait sur terre et qu'il n'y avait plus de famine. Il
ajouta que le programme spatial avait été reinstauré et qu'il y avait des
colonies sur la Lune et sur Mars. Il raconta que la technologie avait tellement
progressé que tout le monde avait une interface virtuelle permettant de
contacter quiconque était sur la planète ou de regarder n'importe quel événement
sportif ou d'assister à des concerts à l'autre bout du monde.
"C'est terrifiant' dit Philippe. "Mais, dites-moi, pourquoi mon réveil est-t-il
un tel événement ?".
"Et bien", dit le premier ministre, "L'an 10000 approche, et votre dossier
indique que vous savez programmer en COBOL...."
Un architecte, un artiste et un programmeur discutent à propos des femmes.
Ils se demandent quelle est la meilleure façon de passer son temps: Avec sa
femme, ou avec sa maîtresse.
L'architecte dit que le temps qu'il passe avec sa femme lui est précieux car il
lui sert de fondation à une relation qui durera dans le temps.
L'artiste dit qu'il préfère passer du temps avec sa maîtresse, à cause de la
passion et du mystère qu'il trouve avec elle.
Le programmeur dit: "Moi, j'aime les deux."
"Les deux?" demandent l'architecte et l'artiste
"Oui. Si vous avez une femme ET une maîtresse, chacune d'elle pensera que vous
êtes avec l'autre lorsque vous n'êtes pas avec elle, ... ça vous permet d'aller
au bureau pour continuer à travailler!"
C'est un mécanicien, un physicien et un informaticien qui ont chacun une
voiture. Aucun n'arrive à démarrer.
Le mécanicien démonte tout le moteur, vérifie et nettoie toutes les pièces,
remonte le tout et démarre.
Le physicien refait tous les calculs de résistance de matériaux, de
thermodynamique, d'allumage, etc., trouve l'erreur et démarre.
L'informaticien sort de la voiture, ferme la portière, l'ouvre, rentre dans la
voiture et essaye de nouveau de démarrer.
- Patron, j'peux vous poser une question?
- Bien sûr!
- Tout les gens que je connais parlent toujours des vacances, de leur temps
libre, des week-end... Comment ça se fait que je ne connaisse pas ça?
- Parce ce que tu n'aimerais pas
- Mais ils disent que c'est mieux que le travail. Ils disent qu'ils attendent
toujours ça avec impatience.
- Souviens-toi l'an dernier, quand le bureau a fermé pendant une semaine...
- Quand ils ont remplacé toutes les fenêtres? Bien sûr que je m'en rappelle, tu
parles! Je n'ai pas pu toucher à un ordinateur pendant une semaine...
- Eh bien les vacances, c'est comme ça!
- Oh...
- Et c'est pour ça que je te dis que tu ne les aimerais pas
- Mais tous les autres aiment ça pourtant?
- Ah, mais c'est parce que ce sont des gens normaux, pas des hackers
- Oh oh...
- Allez, maintenant retourne travailler à ton décompilateur! Déjà qu'on en avait
besoin la semaine dernière...
Ce sont un informaticien, un mécanicien et un chimiste qui sont dans une
voiture. Ils se promènent tranquillement quand tout à coup, la caisse tombe en
panne. Le mécanicien prend alors la parole :
- Je crois savoir d'où ça vient. Juste avant le pépin, j'ai entendu un bruit
caractéristique de problèmes de glissement des pistons dans les cylindres. Le
torseur cinématique de l'ensemble ne pouvait plus vérifier le principe
fondamental de la dynamique (PFD), si vous ajoutez à cela la contribution de la
perte de quantité de mouvement néfaste à cette vérification du PFD, il est
normal que ça ait pété. Il faut donc graisser les pistons de façon à ce que les
glissements s'effectuent sans problème, et la voiture roulera à nouveau.
Entendant cela, le chimiste trouve qu'il a son mot à dire :
- Je suis désolé de ne point être de cet avis-là. De mon côté, j'ai senti des
émanations de dimethyl-3 hexane quelques secondes avant que nous ne tombions en
panne. De plus, la combustion des gaz mêlés à l'oxygène de l'air a été stoppée à
cause d'un dérivé du glycérol (venant sans doute des parois des cylindres) qui
n'aurait jamais du se diluer dans le mélange. Les micro-explosions internes ont
alors cessé, d'où l'arrêt brutal du véhicule. Je suggère donc d'ajouter une
huile spéciale contenant un composé chimique qui empêchera au glycérol de se
diluer. Et on pourra repartir !
Le mécanicien et le chimiste regardent l'informaticien et attendent son avis. Ce
dernier réfléchit un court instant, et dit :
- Ben, euh, c'est simple : je propose que nous descendions tous les 3 de la
voiture, et qu'on remette le contact.
Je suis ingénieur système, je sais je ne devrais pas m'en vanter.
Lorsqu'on me demande quel est mon métier il m'arrive de plus en plus souvent de
répondre "je suis dans l'informatique". Cette vague formulation a au moins le
mérite de m'éviter la lueur de haine méprisante qui apparaît instantanément dans
l'oeil de l'interlocuteur le mieux disposé au simple énoncé de mes coupables
occupations. Je suis lâche. La prochaine fois je répondrai tueur à gages, le
relâchement des moeurs étant ce qu'il est, cela devrait moins choquer.
C'est un métier gratifiant à bien des points de vue, c'est vraisemblablement le
seul où le néophyte total, celui qui vient d'ouvrir son premier carton
d'ordinateur se sent en mesure de vous expliquer votre métier dans le quart
d'heure qui suit le montage de sa bécane.
À ma connaissance conduire une voiture ne transforme personne en mécanicien, pas
plus que raboter une porte ne fait de vous un ébéniste, mais taper sur un
clavier fait de tout un chacun un informaticien. On n'arrête pas le progrès.
N'allez surtout pas croire que je veux garder pour moi les clés du savoir et en
tenir éloigné le vulgum. Que je regrette le temps ou les ingénieurs système
détenaient le pouvoir abrités derrière leurs incantations absconses. Nenni. Bien
au contraire, étant d'un naturel assez paresseux, pour ne pas dire d'une
fainéantise crasse, je préfére de très loin un utilisateur qui se débrouille
sans moi.Mais je reste persuadé qu'informaticien c'est aussi un métier.
Par contre je regrette - parfois - le temps où le métier consistait à surveiller
un Vax, ceux qui ont connu cela savent à quel point c'était reposant, ou alors à
rebooter une station Unix tous les trente six du mois pour justifier son
existence.
Avec l'arrivée des PC et surtout de Windows nous sommes entrés de plain-pied
dans ce que l'on pourrait appeler l'ère du Chapelier Fou, c'est à dire
l'irruption de l'irrationnel dans ce qu'il a de plus poétique et de moins
maîtrisable au beau milieu d'un monde jusque là bien tenu.En vertu d'un
darwinisme élémentaire il a bien fallu s'adapter.Aujourd'hui être IS dans le
monde merveilleux de PetitMou, c'est être un hybride monstrueux, un mélange
aussi subtil qu'indéfinissable de chaman, de Ménie Grégoire, de Dédé la Bricole,
de Bobologue, de charlatan et de psychopathe.
Je ne remercierai jamais assez Bill Gates pour avoir transformé un métier
relativement terne et basé sur une approche bêtement technique et rigoureuse des
faits, en challenge quotidien, nécessitant une remise en question permanente à
l'échelle du quart d'heure.
Quoi de plus stimulant sinon de savoir que résoudre un problème ne viendra en
aucune façon enrichir ce qu'il est convenu d'appeler l'expérience, puisque le
même problème nécessitera lorsqu'il se posera à nouveau une solution
radicalement différente. On évite ainsi la sclérose intellectuelle consécutive
aux automatismes.
Résoudre un problème nécessite une imagination à côté de laquelle le récit d'un
trip sous champignons hallucinogènes pourrait passer pour le compte-rendu de
l'assemblée générale des actionnaires de la Sociéte Nouvelle des Aciéries
Mouchabeuf. Le cartésianisme n'est pas un atout mais un grave handicap vous
empêchant d'aborder les hypothèses les plus farfelues. Et il faut bien cela
quand après avoir éliminé les causes raisonnables de dysfonctionnement vous êtes
amené à envisager le reste, qui se situe généralement tout de suite entre les
histoires de petit lutin et la quatrième dimension. La seule chose que je me
refuse encore à pratiquer c'est l'imposition des mains et le voyage à Lourdes,
plus par réaction de mécréant que par doute quant à l'efficacité des méthodes en
question. je sens qu'avec l'arrivée de Windows 98 il va me falloir opérer une
révision déchirante quant à mes convictions profondes.
Quand je pense que certains recherchent les paradis artificiels, et que l'on me
paye pour être en état perpétuel d'hallucination. La vie est bien injuste,
allez.
Tout cela serait finalement bien monotone s'il n'y avait l'utilisateur, car il
existe l'utilisateur, c'est vous et moi. Victime d'une intoxication à l'échelle
planétaire, d'un gigantesque et collectif lavage de cerveau il s'imagine qu'il
va pouvoir tirer quelque chose de sa bécane, être productif, voire même dans les
cas les plus graves envisager un retour sur investissement.
Aujourd'hui l'utilisateur perverti par des slogans pernicieux du style "Jusqu'où
irez vous ?" exige que ça marche, et c'est bien là où tout se gâte, le décalage
entre cette légitime attente et ce que l'illuminé de Redmond est capable
d'apporter me déprime. "Jusqu'où irez vous ?", jusqu'à l'asile le plus proche
sans doute.
Comment voulez vous qu'un truc qui est à un système d'exploitation ce que
Mireille Mathieu est à Edith Piaf, ce bricolage improbable écrit avec les pieds
par une nuée de pervers schizoïdes puisse fonctionner.
Le mensonge le plus grossier colporté par les sectateurs microsoftiens est celui
selon lequel un PC convenablement équipé de l'inénarrable Windows et du fourbi
Office dont j'ai oublié le millésime car il change en permanence, fonctionnerait
seul et sans assistance.
Le récit d'une journée ordinaire au royaume du Chapelier Fou contredit quelque
peu cette idyllique vision du meilleur des mondes possible. Ce doit être une
question de numéro de version, sans doute.
Mardi 8 heures
Le calme avant la tempête, je peux l'esprit en repos me consacrer à un projet
qui me tient à coeur; émuler une calculette quatre opérations sur un Vax de la
série 8000. Je tenterai l'inverse dès que j'aurai mené à bien cette partie.
Mardi 9 heures
Un premier coup de téléphone laconique, "Tu peux venir jeter un coup d'oeil, mon
PC est bloqué", sous cette apparence anodine peut se dissimuler le cauchemar le
plus absolu, les raisons qui peuvent amener un PC à se bloquer sont légions, la
première étant d'appuyer sur le bouton marche. Je suis d'autant plus inquiet que
mon client est un dingue de la vitesse.C'est un peu l'équivalent du chauffard ,
il parle de bus AGP là où les autres parlent de carburateur double corps, mais
la démarche est la même, aller le plus vite possible en semant la terreur sur
son passage. Profitant d'un instant d'égarement de son chef de service il a
réussi à se faire payer le dernier Pentium à 333 Mhz, ce qui lui permet de
gagner cinq secondes sur la mise en page de sa feuille de calcul.C'est comme on
le voit une avancée considérable à la mesure de l'investissement consenti.Je le
trouve un peu déprimé car on annonce déjà le Pentium à 400 Mhz ou plus et il
contemple avec amertume ce qu'il considère déjà comme l'équivalent d'une caisse
à savon.
J'essaye de le réconforter en lui disant qu'avec la bête qu'il possède il
devrait éviter d'ouvrir deux fenêtres en même temps pour ne pas faire de
courants d'air. Une boutade bien innocente, c'est le côté Ménie Grégoire de la
profession, mais je sens bien qu'il n'y croit pas. Les grandes douleurs sont
souvent au delà des mots.
Mais revenons à nos moutons, PC bloqué. Effectivement passé le démarrage tout ce
que nous obtenons c'est un sablier désespérément figé, je suis tenté de répondre
que c'est parfait pour faire des oeufs à la coque mais quelque chose dans son
air égaré me dit que je ferais aussi bien de me taire.C'est alors que j'envisage
du coin de l'oeil un CD-ROM offert par PC truc "Mesurez les performances de
votre PC", eh oui ça ne sert à rien d'aller vite encore faut-il pouvoir
l'exprimer en Business Graphics, WinMark 98, High End Disk WinMark 98 et autres
CPUMark32, c'est requis pour humilier à l'heure du café les ploucs avec leurs
Pentium 133.
Je lui demande si par le plus grand des hasards il n'aurait pas monté ce truc là
sur sa machine, je connais la réponse. Il est d'ailleurs mentionné en tout petit
sur le CD que l'installation de cette suite de tests devrait être effectuée sur
une machine quasi vierge et pas sur un système normalement opérationnel, "cela
pouvant provoquer des dysfonctionnements".Des "dysfonctionnements", tu l'as dit
bouffi. Diagnostic; je t'envoie quelqu'un pour te remettre un système d'equerre
celui-ci étant parti en villégiature à la campagne, pour une durée
indéterminée.Rendez-vous est pris pour la parution du prochain CD de tests de PC
machin. Au suivant.
Mardi 10 heures
Juste le temps de constater le plantage d'un serveur NT. Quelqu'un a
vraisemblablement éternué devant, c'est très sensible comme système. Bon, reset,
redémarrage, la routine quoi. Deuxième coup de téléphone
"Tu n'aurais pas cinq minutes des fois, il se passe parfois des choses curieuses
sur ma machine".Connaissant mon correspondant la seule chose curieuse dans tout
cela c'est le parfois, il est stupéfiant que ce ne soit pas toujours.
C'est qu'il s'agit de la variété dite de "l'esthète taquin", épouvanté par
l'uniformité il a installé sur sa machine tous les thèmes possibles, le pointeur
de souris est un calamar, le sablier une horloge Comtoise, l'économiseur d'écran
qui se déclenche toutes les minutes est un jeu de baston intergalactique avec
force sifflements et explosions. Car il a bien évidemment une carte son.
C'est indispensable pour reproduire le rire de Johny Hallyday selon les Guignols
de l'info, rire qui accompagne les messages d'avertissement. Tout cela est un
peu perturbant.Ayant de surcroît accès à l'Internet il a récupéré et installé
tous les sharewares possibles, il n'y a plus aucune piéce d'origine sur sa
machine, il a tout remplacé et il est seul à pouvoir s'en servir. Il est assez
surprenant qu'il ne soit obligé de rebooter sa machine qu'une fois par heure. Je
suis peut-être injuste envers PetitMou.
À l'intérieur de tout grand logiciel il en existe plusieurs petits qui ne
demandent qu'à sortir, là c'est la grande évasion, il suffit de coller l'oreille
contre le boîtier pour les entendre se carapater. Tout ce joli monde doit se
battre en permanence pour prendre le contrôle du système. C'est un cas
désespéré. Je m'en sort lâchement en lui disant d'aller récupérer sur
www.crap.com la dernière version de son anti-virus/gestionnaire de
fichiers/explorateur/compacteur- /logiciel de sauvegarde/éditeur de
textes/navigateur internet, et me tire vite fait sans toucher à la souris de
peur de déclencher un Tchernobyl dans sa machine. Au suivant.
Mardi 11 heures
De retour dans mon bureau je constate le plantage d'un autre serveur NT, par
solidarité avec le premier sans doute. L'instinct grégaire ou le début d'un
mouvement de revendications. À surveiller. Autre coup de téléphone, en
provenance d'une espèce bien particulière, la variété qui se shoote à la presse
informatique, on ne dira jamais assez les ravages que cela peut provoquer.
Stratège planétaire, il m'explique comment l'introduction de Java dans les
entreprises va révolutionner la façon dont nous envisageons l'informatique.Comment
Sun va bouffer Microsoft à condition qu'Oracle s'allie avec Apple et que Compaq
ne vienne pas jouer les trouble-fête.Il me prédit la mort prochaine d'Intel
victime de ses challengers, et écrasé sous son gigantisme.Au bout d'un moment
atterré par toutes ces apocalypses à venir, je ne sais plus très bien où
j'habite et c'est légèrement comateux que je raccroche en espèrant ardemment que
tout cela voudra bien patienter jusqu'à ma retraite.
Mardi 13 heures
Coup de téléphone angoissée en provenance d'une secrétaire, "Quand je lance mon
Word avec un document que j'ai tapé hier, j'ai le message suivant; cette
application va s'arrêter car elle a effectuée une opération non conforme", je
suis tenté de lui répondre qu'il s'agit là d'un fonctionnement normal de
l'application, mais je m'abstiens. Son désarroi est sincère et la perte de
plusieurs heures de travail ne porte pas à rire.
Bon en route vers de nouvelles aventures. Cette charmante personne au demeurant,
appartient à la catégorie de ceux qui considèrent l'introduction de
l'informatique dans leur quotidien comme une calamité. L'espèce de truc
ronronnant qu'on lui a posé sur son bureau est pour elle, visiblement habité par
un esprit hostile et rebelle à toute collaboration avec le genre humain. Elle a
bien essayé de l'apprivoiser en le banalisant, en installant un pot de fleurs
sur le boîtier et la photo de ses gosses sur l'écran, mais rien n'y fait, habité
d'une vie propre il s'ingénie à lui pourrir l'existence.
Elle serait je crois soulagée, si je suspendais des gousses d'ail et des
crucifix au plafond et apsergeait sa machine d'eau bénite, c'est le côté chaman
de la profession.
À la vingtième tentative je réussis à charger son document sans déclencher
l'infâmant message de vacances pour cause de non conformité des opérations
effectuées par l'application, il s'agissait d'un tableau coupé par un saut de
section, quelque chose de tellement grave selon Microsoft que cela méritait un
plantage radical. Peut-être qu'une destruction totale de la machine aurait été
plus appropriée, je les trouve un peu laxistes ces temps ci.Problème corrigé. Au
suivant.
Mardi 15 heures.
De suivant il n'y en eu point ce jour là, je terminais ma journée tranquillement
entre deux reboot de serveur NT, et mes travaux sur la reconversion d'un Vax en
calculette.j'en étais à la soustraction, je ne désespérais pas d'arriver à la
division à l'horizon 2005. J'aurai certainement besoin de 512 mégas de mémoire
vive supplémentaire pour l'implémenter, c'est le directeur financier qui va
encore râler.
C'est une certitude demain amènera son nouveau lot de victimes.Si tous ces gens
savaient qu'au fond je ne maîtrise guère plus qu'eux tout cela, que le métier
est de bien peu de secours quand Word ou Excel ou que sais-je se plante
lamentablement, que le temps ou une entreprise vivait sur des applications
maisons est définitivement révolu.
Bah je fais comme si je dominais, c'est ce qu'ils attendent de moi, c'est le
côté charlatan du métier. Et puis ils ont au moins quelqu'un d'identifié à
engueuler.
Quant à moi je m'endors tous les soirs en rêvant aux tortures que je ferais
subir à Bill Gates s'il venait à me tomber sous la main. C'est le côté
psychopathe du métier.
Deux copains informaticiens discutent:
- Tu sais, moi je trouve que la notion du temps est vraiment très relative:
entre le soixantième d'une minute et le "Attends une seconde, j'arrive...." de
ma femme lorsqu'elle est en train de se préparer pour qu'on sorte, il y a un
gouffre.
Et l'autre:
- T'as qu'à essayer d'over-clocker ta femme. j'ai essayé sur la mienne, elle
chauffe un peu mais j'ai un gain de x1.5 pour la salle de bain...